Ce n'est pas une prétention, si la science confirme qu'un cerveau de transgenre ou transsexuelle a une identité de genre qui y est parfois (très) féminine à cause des œstrogènes (et inversement testostérone prénatale pour les homme trans), pourquoi laisser cette personne souffrir jusqu'à ce qu'elle se suicide éventuellement ? Parce que vous la prenez pour un travelo, c'est tout. Mais si sa plastique vous plaît ce sera plutôt "jolie petite tapette" ou "mignonne petite fiotte" dans votre for intérieur.
Le terme prétention est là aussi dur à lire, cruel. Avez-vous remarqué que je parle souvent de cruauté ? Même pas ? Le comportement de Ruben depuis quelques jours m'a fait énormément de mal, avec en plus le sentiment que vous non plus n'avez pas de pitié non plus pour nos vies, même si il y a un effort certain d'aller vers nous. Mon corps avait intégré une nervosité, j'ai dû avoir des micro tremblements de stress en tendant le bras.
Ce soir j'étais tendue depuis quelques jours à cause de cette hostilité qui me tombe encore dessus, quinze ans après.
J'en ai lâché volontairement d'un coup sur le carrelage un plat de gratin dauphinois de mon plein gré (dommage, il fait -4°C). Il y a eu du verre partout. Une heure de nettoyage du sol. J'ai énormément souffert dans la vie pendant plus de quinze ans pour faire comprendre que ces choses-là d'accords de pronoms et vocabulaire sont ultra importantes pour moi et tout sauf des détails. Cela m'a coûté des cheveux blancs, en écorchée vive, pendant que vous vous tapiez toutes les trans de l'Amazonie, de la pampa et de l'altiplano. Je ne passe plus par la case larmes et c'est mauvais. Vous êtes à tout petit feu en train de mettre possiblement ma santé en danger exactement de la même façon. Il y a plusieurs années dans un contexte similaire j'ai cassé une vitre en simple vitrage d'un coup de poing. En voyant avant moi-même le dessous blanc de mon avant-bras droit totalement insensible ouvert très profondément sur dix centimètres de longueur comme un sushi,

maman a crié "Maman !!!", et je suis partie avec le camion de pompiers me faire recoudre à l'hôpital. La douce chirurgienne a dû agrandir la coupure au scalpel en ligne droite pour chercher éventuellement du verre cassé, ce que je ne pouvais pas confirmer. Si je rencontrais un transphobe dans la rue, il aurait affaire à une lionne. Et j'ai déjà fait mes preuves. Moins forte que lui mais il s'en souviendrait. Je ne suis pas quelqu'un de docile. Uniquement quand on me considère, me drague, ou que je couche. J'ai appris à être tenace pour le quotidien. Tenace mais vulnérable.
Il faut vraiment que vous compreniez qu'il y a un tout un monde entre une transgenre très active adorant son sexe surpuissant et une autre très passive qui aura tôt ou tard besoin d'être opérée, parce qu'elle se sent femme. Besoin de double pénétration. Même si je peux éventuellement accepter de faire la transgenre "active" /passive. Comme accepter de me laisser sucer par un homme parce que l'opération est encore trop loin, ou bien de prendre une femme, ou une trans. Même si je peux sucer une trans, tout comme je le ferais à un homme cisgenre.
Et je ne m'y connais pas plus en football qu'en vocabulaire du sexe masculin car j'ai toujours refusé de connaître cette partie de mon anatomie indésirable (bien que pas moche).
Les transgenres actives ne vont peut-être pas réclamer d'être appelées "elles", mais c'est comme ça que cela doit être fait dans une société ou l'on se respecte. Derrière vos écrans vous ne voyez pas la peine. Tout n'est que lignes de texte. Pas de son, pas d'image, pas de regards, pas de corps.
La vision de prostitution en tant que client peut vous amener à nous mettre toutes dans le même sac du désir et plaisir.
À force de ne chercher que les actives depuis le début des années 2000 sur ce forum, ou les actives /passives, vous vous comportez comme un rouleau compresseur.
Car non seulement j'ai moins de rdvs que les autres, mais je dois aussi souffrir d'être cataloguée en mec alors que j'ai fait et referai des picouzes d'œstrogènes et que mes petites formes sont par conséquent naturelles. Cette hormone (cérébrale ou corporelle) est mal-aimée ici.
Elle ne participe pas à la drogue de la baise que vous célébrez.

Autrement dit, c'est comme si on était sur un site gay.